La fabrique privée d’un problème public: la sécurité routière entre industriels et assureurs

Histoire Eco
Association Française d’Histoire Économique (AFHE).

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de
doctorat, intitulée :

« La fabrique privée d’un problème public.
La sécurité routière entre industriels et assureurs aux Etats-Unis
(années 1920 à 2000) »

Elle aura lieu le vendredi 21 novembre, à 14h, à l’Institut des
Sciences Sociales du Travail, en salle Marcel David, au 16 boulevard
Carnot – 92 340 Bourg-la-Reine. Vous êtes cordialement invités à y
assister.

Le jury sera composé de :
Brigitte GAITI, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Emmanuel HENRY, Professeur à l’Université Paris Dauphine
Sheila JASANOFF, Professeur à l’Université de Harvard
Michel OFFERLE, Professeur à l’ENS de Paris (directeur de la thèse)
Antoine PICON, Professeur à l’Ecole des Ponts et à l’Université de Harvard

La soutenance sera suivie d’un pot. Afin de l’organiser au mieux, je
vous remercie de m’avertir de votre présence par retour de courriel.

Cordialement

Stève Bernardin

Résumé de la thèse :
Comment des entrepreneurs en viennent-ils à porter leurs demandes en
public ? La question invite à sortir du présupposé d’un lobbying
obscur et secret, pour interroger la possibilité d’une publicisation
de revendications privées. Nous l’analysons au prisme d’un cas d’étude
classique en sociologie des problèmes publics, celui des accidents de
la circulation aux Etats-Unis. Des entrepreneurs peuvent-ils imposer
leur propre définition de la question ? Nous l’étudions à partir d’un
large corpus de sources archivistiques et documentaires, auquel
s’ajoutent près de quatre-vingt entretiens conduits outre-atlantique.
Leur exploitation permet d’identifier une mobilisation importante
d’industriels comme d’assureurs du secteur. Nous en précisons les
conditions de possibilité en isolant trois configurations sociales et
politiques. La première correspond à l’entre-deux-guerres, quand des
industriels en appellent à la morale pour promouvoir une focalisation
sur l’éducation et la répression. Des assureurs sont au cœur de la
deuxième partie, consacrée au déploiement de leur argumentaire
scientifique, des années cinquante à soixante-dix, en faveur d’une
réorientation en profondeur des priorités de sécurité routière. Dans
un troisième et dernier temps, nous abordons une période plus récente,
pour insister sur une possibilité contre-intuitive de coexistence des
approches. L’analyse permet ainsi de mettre en lumière des formes très
diverses d’appel au public par des entrepreneurs privés. Elle invite
en définitive à historiciser et à sociologiser la question d’une
pratique possible de « lobbying en public », en approfondissant le
thème de la fabrique « privée » de problèmes « publics ».